domingo, 10 de diciembre de 2017

Anton Tchékhov Biography

Anton Tchékhov Biography
Playwright, Author(1860–1904)



Russian writer Anton Chekhov is recognized as a master of the modern short story and a leading playwright of the late 19th and early 20th centuries.

Synopsis

Anton Tchekhov was born on January 29, 1860, in Taganrog, Russia. Through stories such as "The Steppe" and "The Lady with the Dog," and plays such as The Seagull and Uncle Vanya, the prolific writer emphasized the depths of human nature, the hidden significance of everyday events and the fine line between comedy and tragedy. Chekhov died of tuberculosis on July 15, 1904, in Badenweiler, Germany.

Youth and Education
Anton Pavlovich Tchekhov was born on January 29, 1860, in Taganrog, Russia. His father, Pavel, was a grocer with frequent money troubles; his mother, Yevgeniya, shared her love of storytelling with Chekhov and his five siblings.

When Pavel’s business failed in 1875, he took the family to Moscow to look for other work while Chekhov remained in Taganrog until he finished his studies. Chekhov finally joined his family in Moscow in 1879 and enrolled at medical school. With his father still struggling financially, Chekhov supported the family with his freelance writing, producing hundreds of short comic pieces under a pen name for local magazines.

Early Writing Career
During the mid-1880s, Chekhov practiced as a physician and began to publish serious works of fiction under his own name. His pieces appeared in the newspaper New Times and then as part of collections such as Motley Stories (1886). His story “The Steppe” was an important success, earning its author the Pushkin Prize in 1888. Like most of Chekhov’s early work, it showed the influence of the major Russian realists of the 19th century, such as Leo Tolstoy and Fyodor Dostoyevsky.

Chekhov also wrote works for the theater during this period. His earliest plays were short farces; however, he soon developed his signature style, which was a unique mix of comedy and tragedy. Plays such as Ivanov (1887) and The Wood Demon (1889) told stories about educated men of the upper classes coping with debt, disease and inevitable disappointment in life. 

Major Works
Chekhov wrote many of his greatest works from the 1890s through the last few years of his life. In his short stories of that period, including “Ward No. 6” and “The Lady with the Dog,” he revealed a profound understanding of human nature and the ways in which ordinary events can carry deeper meaning.

In his plays of these years, Chekhov concentrated primarily on mood and characters, showing that they could be more important than the plots. Not much seems to happen to his lonely, often desperate characters, but their inner conflicts take on great significance. Their stories are very specific, painting a picture of pre-revolutionary Russian society, yet timeless.

From the late 1890s onward, Chekhov collaborated with Constantin Stanislavski and the Moscow Art Theater on productions of his plays, including his masterpieces The Seagull (1895), Uncle Vanya (1897), The Three Sisters (1901) and The Cherry Orchard (1904).

Later Life and Death
In 1901, Chekhov married Olga Knipper, an actress from the Moscow Art Theatre. However, by this point his health was in decline due to the tuberculosis that had affected him since his youth. While staying at a health resort in Badenweiler, Germany, he died in the early hours of July 15, 1904, at the age of 44.

Tchekhov is considered one of the major literary figures of his time. His plays are still staged worldwide, and his overall body of work influenced important writers of an array of genres, including James Joyce, Ernest Hemingway, Tennessee Williams and Henry Miller.

https://www.biography.com/people/anton-chekhov-9245947

Liste de nouvelles d'Antón Tchekhov:

Anton Tchékhov

 Anton Tchekhov "Personne n’a compris avec autant de clairvoyance et de finesse le tragique des petits côtés de l’existence ; personne avant lui ne sut montrer avec autant d’impitoyable vérité le fastidieux tableau de leur vie telle qu’elle se déroule dans le morne chaos de la médiocrité bourgeoise ." Gorki

Sa vie
Anton Tchekhov Ecrivain russe né à Taganrog 1860, décédé à Badenweiler en Allemagne en 1904.

Sa biographie se résume à quelques dates dans un calepin et beaucoup de pages blanches. Il ne se passe rien ou à peu près rien dans la vie de l'écrivain, comme il ne se passe rien ou à peu près rien dans son théâtre.

Une enfance triste dans une bourgade reculée, des études de médecine, une impérieuse vocation littéraire, quelques voyages à l'étranger, des séjours en sanatorium, un mariage sur le tard : bref une vie sans histoires, une vie de routine, partagée entre le travail, les factures à régler et les médicaments.

Sur ce fond de grisaille l'homme souffre continuellement, rongé par un mal inexorable, la tuberculose. Il tousse et crache le sang ; le visage fin et bon, la bouche légèrement moqueuse expriment la mélancolie, et les rides trahissent la crispation de la souffrance. Cette vie ne tient qu'à un fil. Mais chaque instant, si douloureux soit-il, est une victoire sur la maladie. Chaque souffle d'air, le frémissement des feuilles, le bruit des pas sur la neige sont un miracle de la vie.

Nul n'a éprouvé aussi bien que Tchekhov la tristesse désespérante de ces mornes journées où la maladie ne laisse pas de répit, la solitude, le dégoût devant la médiocrité du monde, le tragique à la fois social et métaphysique de la condition humaine ; mais nul n'a connu aussi bien que lui le prix de cette succession d'instants arrachés à la mort.

Fut-il heureux ou malheureux cet homme qui déclare que " plus le fond sera gris et terne, mieux cela vaudra ? ". La question importe peu. " Seuls les êtres indifférents sont capables de voir les choses clairement, d'être justes et de travailler ", répond-t-il. Tchekhov s'est désintéressé de sa propre histoire. Il a tout sacrifié à son travail renonçant à vivre pour écrire et, par nécessité, se protégeant contre les dangereux élans de la tendresse.

Son bonheur à lui compte peu, comparé à celui de milliers d'hommes que son œuvre - cette œuvre construite avec froideur, certains diront avec cruauté - a pour mission d'éduquer. Il aime trop les êtres pour s'attacher à l'un en particulier, et il a trop conscience de leur besoin de dignité pour ne pas constamment dénoncer leurs illusions.

L'écrivain ne se veut ni moraliste ni philosophe. Il se contente de peindre la vie, de montrer simplement, modestement les choses. A l'inverse de celle de Tolstoï, son œuvre n'enseigne rien, mais, pourtant, elle donne des leçons. Avant tout Tchekhov est un artiste : " Mon rôle n'est que d'avoir du talent, autrement dit de savoir distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas, de savoir éclairer les personnages et de leur faire parler leur langue. "

" Dans mon enfance je n'ai pas eu d'enfance ". Le petit garçon qui garde la boutique d'épicerie que tient son père, en veillant tard dans la nuit, a déjà sur le monde un regard d'adulte. Entre deux devoirs rédigés à la lueur des bougies, il observe les passants et écoute leurs conversations, tout en luttant contre le sommeil.

Le père, fils de serf libéré, est un homme sévère, violent, qui passe ses colères en maniant le fouet et, l'instant d'après, s'agenouille devant les icônes. On suit très régulièrement les offices chez les Tchekhov, on est confit en dévotions. L'église, la boutique, le lycée, une atmosphère de brutalité et de bigoterie, tel est le cadre où grandit le jeune Anton.

A Taganrog, bourgade du Sud sur la mer d'Azov, la vie est monotone et triste, parfois sordide - les affaires marchent mal ; la famille Tchekhov, le père, la mère et leurs six enfants, vit entassée dans quatre pièces et loue à des étrangers les chambres disponibles. A quatorze ans Anton gagne quelques kopecks en servant de répétiteur à des fils de notables. Mais bientôt la situation se dégrade, car le père qui a emprunté 500 roubles, ne peut rembourser ses traites et doit s'enfouir pour éviter la prison pour dettes. Anton seul reste à Taganrog, où à seize ans, il est chargé de liquider l'affaire et d'envoyer aux siens, à Moscou, l'argent qu'il pourra sauver du naufrage.

Seize ans et des responsabilités d'adulte ! De nature gaie, vive, moqueuse, Anton a vite appris la gravité. C'est lui qui réconforte la famille par Lettreet, chaque mois, à date régulière, il envoie quelques roubles à Moscou. Malgré son enfance misérable et les mauvais traitements de son père, il ne juge pas les siens.

A seize ans, le monde qui l'entoure est celui de la routine de la vie provinciale, de la steppe aux portes de la ville - promesse d'évasion - de l'enfance misérable, de la médiocrité des villageois, de leur médiocrité et de leur soûlerie, des vols des commis, des mensonges et de la misère de ces pauvres qui se résignent à leur sort. Une seule génération sépare Anton du servage, et il ne lui faut pas beaucoup d'imagination pour ressentir la cuisante humiliation des opprimés.

Il a découvert le besoin de dignité inhérent à chaque homme, et ces quelques lignes, écrites en 1879, la réponse à son jeune frère Michel, sont révélatrices : " Une chose me déplaît dans ta Lettre: pourquoi te qualifies-tu de petit frère nul et insignifiant ? Ton insignifiance, ta médiocrité, sais-tu où seulement tu dois les ressentir ? Peut-être devant Dieu, devant l'esprit, la beauté, la nature ; mais jamais devant les hommes. Devant les hommes il faut prendre conscience de sa dignité ".

Petit-fils de serf, fils de boutiquier, Tchekhov est un vivant exemple de l'ascension sociale offerte aux classes laborieuses par le régime tsariste finissant. Si la peinture que l'écrivain fait des milieux aristocratiques qu'il ne connaissait pas n'est pas des plus convaincantes, il est aussi à l'aise dans le peuple que dans la bourgeoisie et dans les classes libérales. Comme une vieille collection de photos, l'œuvre de Tchekhov nous apprend bien des choses sur la société où il vécut. Société riche en inégalités, bien sûr, mais plutôt bon enfant, société lasse d'elle-même et en quête d'un avenir radieux - donc apte à tomber (comme elle le fit) dans le pire des pièges pseudo-idéalistes, société où la naissance ne compte plus pour rien, où ne règnent que, pour les uns, l'argent, et, pour les autres, une profonde et haute spiritualité.

En 1879 Anton rejoint sa famille à Moscou. Il s'inscrit à la faculté de médecine où il terminera ses études en 1884. Les Tchekhov vivent pauvrement et logent dans un sous-sol humide. Les frères aînés boivent et se dissipent. Anton a la charge des siens et améliore l'ordinaire en publiant quelques brefs récits dans un petit journal humoristique. En 1880, à vingt ans il a publié neuf récits, 5 ans plus tard il atteindra le chiffre de 129 articles et nouvelles !

Mais cette littérature " alimentaire " payée 68 kopecks la ligne compte moins dans sa vie que la médecine. Il écrit ses contes trois heures par jour, sur le coin de la grande table où est servi le samovar, au milieu des éclats de rire de ses frères et de leurs camarades. Ses sujets appartiennent à la vie de tous les jours, qu'il observe de son regard moqueur. Sa facilité tient du prodige.

" La médecine est ma femme légitime, écrit-il, la littérature, ma maîtresse. Quand l'une m'ennuie, je vais passer ma nuit avec l'autre ".

A partir de 1884 Tchekhov devient médecin pratiquant à Zvenigorod. Son seul souci, grave, est sa santé. Depuis quelque temps il s'est mis à cracher du sang.
L'écrivain célèbre Grigorivitch lui écrit une Lettredans laquelle il exprime son admiration pour son talent. Il lui écrit " vous vous rendez coupable d'un grand péché moral si vous ne répondez pas à ces espérances.

Jusqu'ici Tchekhov a traité son travail littéraire avec légèreté, comme un passe-temps sans importance, cette Lettrel'oblige à prendre du recul sur lui-même.
Bientôt Tchekhov devient une gloire de la Russie. Il reçoit le prix Pouchkine ; on le courtise, on l'adule, et le public l'aime. Et pourtant combien il est difficile de connaître cet homme de 28 ans, déjà las et déçu, qui se livre si peu. De sa vie sentimentale, on ne sait rien ou presque, en dehors d'une brève aventure d'adolescent avec une jeune paysanne et de son tardif mariage avec l'actrice Olga Knipper.

Beaucoup de femmes l'ont aimé passionnément, lui-même s'avoue sensuel : il s'ennuie sans grand amour. Mais il refuse de s'engager. Il s'interdit d'aimer. Sa froideur est une défense pour sauvegarder sa liberté intérieure.

Et cependant son prochain lui inspire une grande pitié. Il part pour Sakhaline, sous un climat polaire, où sont rassemblés les déchus de la terre, les bagnards russes. Plus tard il soigne les victimes d'une épidémie de choléra, lutte contre la famine, se dépense sans compter, sans jamais faire ni politique ni morale. 

Contrairement aux écrivains engagés, Tchekhov revendiquait le droit de n'appartenir à aucun parti et de frapper aussi bien à droite qu'à gauche selon les ordres de sa conscience.

Ces activités ne l'empêchent pas d'écrire. Les critiques littéraires sont souvent acerbes à son égard. Lorsque la Mouette est présentée pour la première fois à Saint-Pétersbourg, le spectacle est un désastre.
En 1897 il séjourna à Nice. Il élut domicile à la Pension russe, située au numéro 9 de la rue Gounod, où il retrouva une quarantaine de ses compatriotes. Parmi eux, de nombreux malades. La cuisinière qui était russe préparait d'abondants repas mi-russes, mi-français, où le borchtch voisinait avec le bifteck-pommes frites. Le temps ensoleillé, les fleurs, les palmiers, la mer paisible et bleue, tout l'incitait à la paresse. Il déambulait longuement sur la Promenade des Anglais, s'asseyait à la terrasse d'un café, lisait les journaux, écoutait les orchestres en plein air et s'efforçait de ne penser à rien.

Après une brève amélioration ses crachements de sang se renouvelèrent.
Tchekhov est de plus en plus souffrant et c'est à cette période de sa vie qu'il tombe dans le piège de l'amour, un piège d'autant plus cruel que la maladie et les tournées théâtrales le séparent sans cesse d'Olga. Le 25 mai 1901 Anton et Olga se marient. Il reste à l'écrivain trois ans à vivre. Trois ans de lente agonie. Comme un courant d'air Olga va et vient et repart, aimante mais incapable de sacrifier sa carrière pour l'homme qui se meurt à ses côtés.

Olga ne désespère pas de sauver son mari de la tuberculose et l'emmène dans une ville d'eau de la Forêt-Noire. Une nuit du début de juillet 1904 Tchekhov s'éteint tout doucement à 44 ans en murmurant en allemand : " Ich sterbe " (je meurs).

Son œuvre
Le chantre de la désespérance " écrivait Léon Chestov et il ajoutait " Il a tué les espoirs humains 25 ans durant; avec une morne obstination il n'a fait que cela ". Que reste-t-il lorsque le voile des illusions s'est déchiré ? Le vide, le tragique dérisoire du néant.

Les pièces de Tchekhov se déroulent dans le cadre de la province, une province morne et routinière, où les seuls événements sont le défilé de la garnison, les conversations plus ou moins médisantes autour d'un samovar, le passage du docteur ou de l'inspecteur des impôts, une province qui ressemblerait à une eau morte, que trouble un instant, comme le jet d'une pierre un événement inopiné ; quelques rides à peine, et la vie reprend. Mais, souterrainement, tout se défait dans la dérive de la vie et l'usure du temps.

Les Trois Sœurs racontent l'enlisement de trois jeunes provinciales dans un monde en décomposition. Après la faillite de leurs songes, les jeunes femmes cherchent désespérément une raison à leur présence sur terre. Toute la pièce d'une extrême tension psychologique, repose sur cette question : quel est le sens de la vie ? Aux interrogations angoissées des trois sœurs répondent les observations sceptiques des officiers : " Quel sens ? dit-il l'un d'eux. Tenez, voyez la neige qui tombe. Quel sens cela a-t-il ? ". Par de petites phrases nonchalantes, Tchekhov crée une atmosphère si lourde et si poétique à la fois que les spectateurs partagent le vertige des personnages devant l'absurdité de la condition humaine.

L'auteur nous invite moins à suivre une action extérieure qu'à descendre en nous-mêmes. Insensiblement la morne bourgade provinciale devient notre patrie intérieure. L'aventure lamentable des trois sœurs, c'est notre propre aventure, à nous qui ne savons ni d'où nous venons, ni où nous allons, ni ce que nous faisons en ce monde. Longtemps après avoir quitté la salle, nous entendons la terrible accusation d'André, le frère raté : " On ne fait que manger, boire, dormir, et ensuite mourir… D'autres naissent, et eux aussi mangent, boivent, dorment, et, pour que l'ennui ne les abrutisse pas définitivement, ils mettent de la diversité dans leur vie avec de potins infâmes, de la vodka, des cartes, la chicane…, et les femmes trompent leurs maris, et les maris mentent et font comme s'ils ne remarquaient rien, n'entendaient rien, et cette influence irrésistiblement vulgaire pèse sur les enfants, étouffe l'étincelle divine qui vivait en eux, et ils deviennent des cadavres aussi misérables que leurs pères et mères. "

Dans La Cerisaie, on assiste à la pitoyable fin d'une propriété, symbole de la famille, livrée aux bûcherons et aux promoteurs. La Mouette est l'histoire d'une jeune fille à la vocation d'actrice, perdue dans le désœuvrement d'un homme mûr : agonie d'un amour, d'une maison, d'une société… Dans La Mouette les personnages doivent s'avouer que chacun a vu ses élans se briser contre les obstacles de la vie quotidienne. Toute la pièce témoigne de l'absurdité de la destinée humaine. Selon l'auteur il n'existe pas de grand projet qui ne soit, tôt ou tard, voué à l'échec. Il faut une énergie surhumaine pour jeter une passerelle au-dessus de l'abîme qui sépare le songe de la réalité. Tous les personnages qui se meuvent dans cette atmosphère feutrée ont en commun une sorte de prémonition de leur défaite en amour et en art. Ils rêvent leur passion, ils en parlent mais ils ne la vivent pas.

Dans Oncle Vania, Tchekhov a renoué avec ses thèmes familiers : la lente usure des âmes dans la répétition des gestes quotidiens, l'ennui de la vie oisive à la campagne, l'échec inéluctable de toute aspiration vers un idéal, l'opposition entre les caractères négatifs et ceux qui tentent de se rendre utiles à leurs semblables.

Les personnages ? Ce sont les mêmes qui vivent dans les nouvelles ou les pièces ; une nuée de bureaucrates, de petits propriétaires ruinés, de médecins et de juges englués, apeurés, avilis, qui s'agitent vainement et encaissent les coups, d'artistes médiocres, de savants vaniteux qui ont usurpé leur réputation. Ils sont généralement bêtes, ivrognes et paresseux. S'ils sont intelligents, ils se perdent par leur goût de l'introspection, et s'enfoncent lucidement dans le néant. Les enfants eux-mêmes répercutent les vices des adultes ou se résignent à leur sort. Victimes ou bourreaux, tous se valent : " Regardez donc la vie : insolence et oisiveté des forts, ignorance et bestialité des faibles, rien qu'une dégénérescence, une ivrognerie, une hypocrisie, un éternel mensonge "

Tous ces personnages, comme les mouettes, errent sans but, battent désespérément des ailes, s'épuisent en de vaines paroles et meurent de leur impuissance, abattus par quelques chasseurs. Les uns se résignent par lassitude et indifférence ; ils reprennent une vie fastidieuse auprès d'une femme qu'ils ont cessé d'aimer, d'autres mettent fin à leurs jours. " Les personnages de Tchekhov ont tous peur de la lumière, tous ils sont des solitaires. Ils ont honte de leur désespérance et savent que les hommes ne peuvent leur venir en aide ". (Chestov).

Les hommes sont murés, prisonniers dans leur " étui " comme dans leur cercueil ; leurs mains, leurs bras n'étreignent que le vide. Philosophie du désespoir, de l'absurde qui fait conclure Tchekhov " Il fait froid, froid, froid. C'est désert, désert, désert " (la Mouette).

Et pourtant ce monde désenchanté reste imprégné de grâce et cet écrivain impitoyable pénétré de tendresse. Une flambée de poésie éclaire cette société finissante. Gorki écrivit à Tchekhov " Vous accomplissez un travail énorme avec vos petits récits, en éveillant le dégoût de cette vie endormie, agonisante…. Vos contes sont des flacons élégamment taillés, remplis de tous les arômes de la vie. ". Si Tolstoï refusait à Tchekhov tout talent de dramaturge, il le tenait pour un remarquable conteur. Il comparait Tchekhov à Maupassant. " L'illusion de la vérité est complète chez Tchekhov. Ses textes produisent l'effet d'un stéréoscope.

On dirait qu'il jette les mots en l'air n'importe comment, mais comme un peintre impressionniste, il obtient de merveilleux résultats avec ses coups de pinceau "
Tchekhov qui, sans doute, ne croit ni à Dieu ni au diable continue de croire à l'avenir de l'homme. La société peut être améliorée, les individus seront moins cruels, moins égoïstes. Le travail, la force libératrice de la science promettent le bonheur futur.

On se tait dans le théâtre de Tchekhov et " l'on s'entend se taire ". Chaque silence, rythmé par l'horloge, marque le temps qui s'écoule, d'une exceptionnelle densité. Dans l'oisiveté de la vie de province, chaque seconde compte. Chaque instant de présent est nourri de passé et condense en lui plusieurs années de désespoir et de révolte, de nostalgie ou d'ennui…

Le temps tchékhovien ne mûrit pas les personnages. Il les défait, il les dépossède de leur être, il émousse leurs sentiments. Le temps est une blessure - impossible de vivre au présent, ce présent absurde et lourd de regrets, les hommes sont condamnés à vivre au passé ou au futur antérieur. " Je n'aime plus personne " soupire Astrov, le médecin d'Oncle Vania. La seule vie possible est la vie rêvée, la vie du souvenir, de la nostalgie ou encore la vie d'un futur lointain et utopique.

Dans le présent, nous ne pouvons étreindre que des ombres. Et le meilleur des remèdes pou abolir le temps, pour 'tuer " le temps n'est-il pas la routine, cette répétition mécanique de nos gestes, qui favorise l'oubli ?

Biographie
1860 : 17 janvier, naissance à Taganrog (sur la mer d’Azov, au sud de la Russie), fils de marchand. 
1876 : Faillite du père. La famille s’installe à Moscou. Demeure à Taganrog avec Ivan (un frère cadet) : élèves au lycée. Devient répétiteur.
1877-1879 : Premier voyage à Moscou et premiers récits, confiés à son frère aîné Alexandre. Passe l’examen de maturité. S’installe à Moscou.
1880 : Parution d’une nouvelle dans le magazine humoristique, La Libellule.
1881-1887 : Publie des « textes bigarrés » sous des pseudonymes variés (principalement « Tchekhonte »), dans des petites revues, puis dans le Journal de Petersbourg.
1884 : Achève ses études médicales à l’Université de Moscou. Médecin à Vozkresensk, puis à Zvenigorod, près de Moscou. Fait la connaissance du milieu littéraire.
1886 : Début de la collaboration avec l’éditeur du Temps nouveau, Alexis Souvorine.
1887 : Ivanov est donné à Moscou, au théâtre de Korch, en septembre.
1888 : Écrit le long récit poétique La Steppe, et L’Anniversaire.
1889 : Publie Une morne histoire. Son frère Nicolas meurt. Voyage dans le sud, à Yalta et Odessa. Première représentation de L’Esprit des bois (première version de Oncle Vania). Admission à la Société des Auteurs dramatiques.
1890 : Le 21 avril, départ pour l’île de Sakhaline. Comptes rendus au Temps nouveau.
1891 : Voyage à l’étranger. Publie Le Duel. Organise des secours pour les régions de Russie touchées par la famine.
1892 : Parution de La Sauteuse dans la revue Le Nord, et de Chambre d’hôpital n° 6 dans la revue La Pensée russe. Lutte contre le choléra. Met fin à sa collaboration avec le Temps nouveau. Achète un domaine en Russie centrale (Mélikhovo). Occupe des fonctions au zemsvo local (circonspection territoriale administrativement autonome pour les écoles et la médecine). 
1893 : Écrit L’Histoire d’un homme inconnu, sévèrement critiqué par le Temps nouveau.
1894 : Passe une partie de l’année à l’étranger, tombe malade de phtisie, se rend en Crimée pour se soigner. Publie, entre autres récits, un de ses chefs-d’œuvre, Le Violon de Rothschild. 
1895 : Première version de La Mouette. Première rencontre avec Léon Tolstoï. Parution du livre L’Ile de Sakhaline. 
1896 : Construit à ses frais une école. Échec retentissant de La Mouette sur la scène du théâtre de l’Impératrice Marie à Petersbourg. 
1897 : Participe au recensement général de la population. Travaille au zemsvo à la surveillance des bibliothèques publiques. Aggravation de son état de santé. Publication du long récit Les Paysans. En septembre, voyage à l’étranger. Écrit le Pétchénègue à Nice. Suit les péripéties de l’affaire Dreyfus. 
1898 : Nemirovitch-Dantchenko, directeur du théâtre d’Art fondé avec Stanislavski, lui demande l’autorisation de monter La Mouette (qui remportera cette fois un vif succès). Publication des récits : Groseille à maquereau, L’Homme dans un étui, Ionytch. Fait la connaissance de Gorki. Première représentation de Oncle Vania. Parution de La Dame au petit chien et du premier tome des Œuvres complètes chez l’éditeur Marx. 
1900 : Élu membre de l’Académie. Parution de Dans le ravin. Le théâtre d’Art vient jouer à Yalta, voyage au Caucase, départ pour Nice où il écrit Les Trois Sœurs. 
1901 : Première des Trois Sœurs, retour à Yalta, mariage avec Olga Knipper. 
1902-1903 : Gorki élu à l’Académie, sa nomination n’étant pas entérinée, Tchékhov démissionne. Parution du récit L’Évêque. Travaille à La Cerisaie. 
1904 : 17 janvier : répétition générale de La Cerisaie à Moscou. En mai, son état de santé empire, part avec Olga en cure en Allemagne. Meurt à Badenweiler le 2 juillet. Enterré le 9 juillet au cimetière du Monastère des Vierges à Moscou.
1920 : Découverte d’une pièce de jeunesse inédite, Platonov. Les dates sont données selon le calendrier julien en vigueur en Russie jusqu’à la Révolution et qui retardait de treize jours sur le calendrier grégorien.

Citations de Anton Tchékhov
Rien n'unit aussi fort que la haine : ni l'amour, ni l'amitié, ni l'admiration.
Ceux qui n'ont pas l'esprit libre ont des pensées toujours confuses.
C'est affreux de connaître le secret d'un autre et de ne pas pouvoir l'aider.
L'état normal d'un homme est d'être un original.
Nous ne sommes pas heureux, et le bonheur n'existe pas ; nous ne pouvons que le désirer.
Ce ne sont ni les brigands ni les incendies qui détruisent le monde, mais la haine, l'hostilité, les petites intrigues...
Le public ? Il a toujours été comme un troupeau : en quête de bons bergers et de bons chiens, et allant toujours là où
le menaient les bergers et les chiens.
L'indifférence est une paralysie de l'âme.
Tout a été dit et fait, et aucune littérature ne peut dépasser le cynisme de la réalité. On ne soûle pas avec un verre
celui qui a déjà bu une barrique.
Ne peut être beau que ce qui est grave.
Entre Dieu existe et Dieu n'existe pas, s'étend tout un champ immense que traverse à grand-peine le vrai sage.
Ils se marient, car tous les deux ne savent que faire d'eux-mêmes.
Les hommes intelligents aiment apprendre. Les imbéciles aiment enseigner.
La paresse et l'oisiveté, c'est contagieux !
Si vous craignez la solitude, ne vous mariez pas !
Le talent, c'est la hardiesse, l'esprit libre, les idées larges.
Il ne faut pas montrer sur la scène un fusil si personne n'a l'intention de s'en servir.
Qui ne sait pas être serviteur ne pourrait être maître.
Quel que soit le sujet de la conversation, un vieux soldat parlera toujours de guerre.
Lorsqu'on n'a pas de vie véritable, on la remplace par des mirages. C'est tout de même mieux que rien.


viernes, 8 de diciembre de 2017

The Lacanian Trials by Hager Weslati • 6 May 2013

The Lacanian Trials
by Hager Weslati • 6 May 2013

The jur­idical scope of the Lacani­ans’ feuds provides inter­est­ing read­ing with Lacan’s life, his teach­ing and his thought.



Jacques Lacan

The 30th anniversary of Lacan’s death in September 2011 was marked by an “intellectual dispute,” one which was not settled in the sphere of ideas or public academic debate, but in a defamation trial in the French criminal courts. While a still on-going war of petitions and lawsuits is partly informed by individual rivalries, the juridical scope of the Lacanians’ feuds provides interesting reading with Lacan’s life, his teaching and his thought.

The will of the dead
In the initial trial of January 11th 2012, the “plaintiffs” were Judith Miller, Lacan’s daughter from his second marriage with Sylvia Bataille, and Jacques-Alain Miller, also known as JAM, Lacan’s son-in-law and legal “executor” of his (intellectual) property. The defendants: Elisabeth Roudinesco, also known as Lacan’s biographer, and Seuil, publisher of Lacan’s work since 1966. Both the biographer and the publisher were found guilty. JAM reproached the Seuil’s senior editor Olivier Bétourné with intentionally excluding him from publicity events on the occasion of the 30th anniversary of Lacan’s death. The French criminal court ruled that “Mrs Roudinesco failed to observe intellectual caution and rigour in her expression,” when she wrote at the end of her anniversary biography Lacan envers et contre tout, that Lacan “would have wanted a Catholic burial.”

Judith’s lawyer, reportedly, came unprepared, hands in pockets, with the same attitude of entitlement and righteousness as his clients. In a short speech, the aggrieved party’s lawyer described Roudinesco as an “imposter” who is not, nor shall ever be, “part of the family,” and that she spent her entire career obsessing about an author “who did not have the slightest degree of attachment towards her.” Finally, the court was reminded that Roudinesco is the “concubine” (the French equivalent of “partner”) of the Seuil’s editor.

In contrast with the short statement of the plaintiff’s lawyer, the summation of the defence was quite lengthy and erudite with an exhibit list of over a 100 items, including a detailed list of the defendant’s academic publications. The Millers were described as envious of the international repute and intellectual authority of Roudinesco. The court was then reminded that Judith Miller was born out of wedlock, and that she was not bearer of the name-of-the-father (Lacan) until her 13th year. JAM was described in the defence speech as a “scribe” of Lacan’s seminars, someone who never authored any significant contribution to knowledge. The defendant’s lawyer, the famed Georges Kiejman, concluded that the plaintiffs were too intellectually incompetent to understand the conceptual nature of his client’s work, and as such he situated the dispute outside the authority of the criminal court.



The juridical scope of the Lacanian trials
The numerous lawsuits brought against Roudinesco and members of her psychoanalytic Society since the anniversary events, founded their claims on Article 29, Clause 1 of the 1881 law on the freedom of the press. In the French legal system, defamation or libel is a criminal rather than a civil offence.
In his summation, Judith’s lawyer claims that “betraying the will of the dead is a serious criminal offence… wrongly accusing one of such offence is defamatory, and an attack on someone’s honour.” In other words, the jury was not interested in determining whether Lacan truly wished to have a Catholic burial or not, nor did it look into the scientific accuracy of the biographer’s analysis of the theme of paradox in Lacan’s work. The criminal court had to assess “the degree of injury” caused to the plaintiff by what she interpreted as a slander against her person. The French defamation laws seem to be extending their reach to everything and anything that can be “read” as libellous.

In the related context of the French lois mémorielles, or historical memory laws, the JAM-Roudinesco disputes underscore a grey area where the political (endorsed by the State) intervenes to implement a juridical interpretation of “memory” even if this interpretation clashes with the scientific or academic findings of an author of at least three voluminous works on the history of French psychoanalysis. The Roudinesco-JAM dispute reveals in one of its aspects, that the juridical interpretation of academic work overrides the meaning it could have when limited to its scientific context.

In Alexandre Kojève’s 1943 study on the phenomenology of right, the juridical sphere is defined, in its essence, by its autonomy in relation to other spheres, namely the political and the religious. When the sphere of the juridical permeates every other sphere, there is little chance for the synthetic form of “equitable” justice, which alone is adequate to the conceptual figure of the “citizen”, to be realised. In Kojève’s understanding, this still unrealised condition would be equal to the end of right as such, in the sense of its disappearance as a (juridical) form in absolute coincidence with its realised content (of justice). However, the historical conditions Kojève observed at the time, did not seem to be tending towards a synthetic justice of the citizen, but rather towards a juridical limbo, a complex machine of various combinations of the “aristocratic right of equality” (deduced from his concept of Struggle) and the “bourgeois right of equivalence” (deduced from the second anthropogenic founding action: Work). In other words, the phenomenology of history was not pointing towards the end of right, but towards the horrifying perspective of its absolute hegemony.

Later in the mid 50s, Kojève will reiterate this vision of an “erroneous” post-historical condition which is still “inadequate” to the conceptual and hypothetical frame of the end of history as developed in his still largely unknown and misread philosophy. To remain human in the “erroneous” post-historical condition, “Satisfaction”, which in the context of Kojève’s philosophy must be deduced from the desire for recognition, is replaced with “contentedness” derived from pure “snobbery”, a desire for recognition emptied from its historical content and its political value. The snob of pseudo-post historical existence will neither engage in a Kojevean struggle, nor in work that transforms the natural into a cultural-technological and then historical world. The snob would have to be contended with struggles without “risk”, and engage in work that “transforms” nothing. When Judith Miller evokes “olden days when matters of honour were settled by a duel to the death,” as when JAM invites Badiou in an open letter to engage in a duel with him; of course what the Millers have in mind is not the aristocratic justice of equality, as the imagery of duelling may suggest, but rather the slavish bourgeois justice of equity where disputes are settled by the symbolic Euro in the criminal courts.

The juridical frame within which the Lacanian trials are defined clash with the scope of his teaching and thought. When one thinks that each and every aspect of Lacan’s biography, especially his relation with his “three daughters” is inscribed in, and defines his psychoanalytic theory, it is almost inconceivable to even use the name-of-the-father Lacan without being caught up in the rails of the symbolic dimension of the French defamation laws or memory laws.

In the aftermath of May 68, Lacan reflected on how the political economy of “savoir” is entangled in a complex institutional machine whose managerial unconscious is yet to be understood and investigated in a more systematic way. In the context of Lacan’s teaching, the four litigants in “his” January 2012 trial, are not strictly speaking legal entities, but signifiers in the process of the production of knowledge from the Executor (S1) to the Publisher (S2). This process is supported by the “de-nominators” Daughter ($) and Biographer (a). In its original form, and with each rotation of this bipolar relation, Lacan deduces the discourses of the Master, the University, the Hysteric and that of the Analyst. The four discourses were uncannily gathered on the eve of the 30th anniversary of his death to read out from his work.

The Ecole Normale Superieure hosted a commemorative event organised by Catherine Clément, during which eminent guests were invited to read selected passages from Lacan’s Seminars in the very same room (Dussane hall) where the deceased delivered his teaching in the 1960s. While Badiou read from Lacan’s 1955 conference paper “La Chose Freudienne”, passages which will later become the foundation of the hysteric’s discourse in its relation to “truth”, Roudinesco and her partner read from Lacan’s reflection on Antigone. The gathered party held its breath as to whether JAM would accept or decline to join the Lacanian epigones. In the manner of Mallarme’s Igitur, on the stroke of midnight, JAM made a dramatic entrance. “From this day on,” JAM shouted at the astounded gathering, “there are two Lacans staring stonily at each other… a Lacan who is now studied through his legacy… and a second Lacan, one who lives on […] one to whom I devoted a major part of my life. If some are intent on erasing my name from bookshops, newspapers and magazines… I have now decided to defend my name!” He then read from Lacan’s Seminar D’un Autre à l’autre (March 1969) on the political meaning of resignation.

The three delusions of discourse: love, hate and ignorance



Lacan’s well known four discourses provide one possible reading of the Lacanian trials well beyond the limited scope of their juridical implications. However, the theme of the three delusions of discourse in relation to the “dead father,” remains to this day a less known aspect of Lacan’s thought, despite the fact that it was developed with great consistency in his work, from Écrits to the last seminars.

The widely reported court-room drama of the January trial when Lacan’s “other forgotten daughter” Sybille faced her half-sister and her father’s biographer would make little sense outside the context of Lacan’s reading of the Freudian “Theme of the Three Caskets.” In different variations on the theme of a man’s choice between three figures of woman, Freud examines a set of meanings which are often associated with the “silent” one among them. The third woman, in the manner of a Cordelia, may not get a share of the father’s kingdom, but her disavowal by the father brings about his ruin and the obliteration of his name and legacy.

In Lacan’s reading of this ominous theme, every discourse is in its essence a half-truth, a figure of “nothingness” in relation to “Being”, that is to say, in relation to an “impossible” knot where the imaginary, the symbolic and the real coalesce in the position of the “dead father”. In that sense, Lacan defines three discourses, or three figures of nothingness: a delusion of hate at the junction of the real and imaginary, a delusion of love at the junction of the symbolic and the imaginary, and a delusion of ignorance at the junction of the symbolic and the real. The three delusions would be addressed at the dead father’s “being” as a hateful demand for the Symbolic, a loving hagiography for the “real” and an ignorant relation to the “imaginary”.

The centrality of this theme in Lacan’s life and thought was partly revealed in uncanny ways in the three biographies authored between 1987 and 1994 by his two biological daughters Sybille Lacan and Judith Miller, and by his step-daughter, analyst Laurence Bataille. Although it may be difficult to explain succinctly how the delusion of hate can be inferred from Sybille’s “puzzle of the odd father”, or the delusion of love from Judith’s adoring ode to “faces of her father,” it is Laurence Bataille’s biography of the analyst which best portrays the delusion of ignorance that explains the position of Roudinesco in the Lacanian family drama.

Both in the 1993 biography and in its 2011 abridged version, Roudinesco portrays Lacan as a perplexing and very contradictory character. The more Roudinesco talks about Lacan, the more ungraspable he becomes, and the further he is engulfed in an aura of mystery. In the last chapters of the 2011 biography, Roudinesco draws a list of what she calls “La grande liste” a list of “lost objects” of a fantasy Lacan archive. Those objects, highly valuable and highly collectible are divided between Lacan’s children, but most of the enumerated items, namely his couch, are lost or unaccounted for. In many ways, there is a great similarity between the biography of Lacan by his step-daughter, Laurence Bataille, and that of Roudinesco. Both biographies are formulated from the position of the analyst (a).

Laurence relates the “navel of her dream” to become analyst to her father’s obscure and incomprehensible character (Georges Bataille), to the towering and oppressive figure of her mother Sylvia Bataille, and to the symbolic significance of Lacan in her life. It was thanks to Lacan that Laurence becomes the analyst who occupies the position of emptiness in the mirror, so to speak, a position which has no reflected image and from which nothing comes back to the subject (him/ herself). In this context, it may be worth noting that Lacan’s Seminar on the Ethics of Psychoanalysis where he develops his reading of the tragedy of Antigone was in fact dedicated to Laurence Bataille who was sent to prison in 1960 due to her anti-colonial political activism in the context of the Algerian war of independence.

There are two prominent and emphatically recurrent images in Roudinesco’s recent biography of Lacan (and to a certain extent of herself): the reference to Courbet’s painting “L’Origine du monde” (which is one of the most famous objects in Lacan’s collection of paintings), and the continuous return to the character of Antigone and its significance in Lacan’s work. It seems to me that Roudinesco’s new biography Lacan, envers et contre tout, whose title is a quote from Lacan’s 1959–60 Seminar on the Ethics of Psychoanalysis, aspires to occupy the same position as Laurence Bataille’s biography, that is to say, the “delusion of ignorance” in relation to the “dead father” which defines the analyst as such.

Seen from the perspective of this neglected theme in Lacan’s psychoanalytic theory, and within the scope of the three delusions of discourse, JAM or the Seuil’s editor were not the main actors in the Lacanian trials. The four litigants were three daughters and a father.

Hager Weslati, Kingston University & the London Graduate School

References
—Laurence Bataille, L’Ombilic du rêve (Seuil, 1987)
—Sigmund Freud, “The Theme of the Three Caskets” (1913) in Complete Works, Vol. XII, pp. 289-302
—Jacques Lacan, Écrits (W.W. Norton, 2007)
—Sibylle Lacan, Un Père : puzzle (Gallimard, 1994)
—Alexandre Kojève, Outline of a Phenomenology of Right (Gallimard, 1981)
—Judith Miller, Visages de mon père (Seuil, 1991)
—Elisabeth Roudinesco, Lacan, envers et contre Tout (Seuil, 2011. Forthcoming with Verso 2014)
—Hager Weslati, “Jacques Lacan in Love, Hatred and in Ignorance” (Anamorphosis, n. 3, 2000)
Cited sources on the Lacan trials
—“Héritage Lacan: le jour ou Jacques Alain Miller a déclare la guerre” Nouvel Observateur (10 September 2011)
—“La tribu Lacan au tribunal” Le Nouvel Observateur (17 November 2011)
—“‘Le Mur’, docu qui dérange des psys français” Rue89 (4 November 2011)
—“Procès Lacan, querelle de chapelle.” L’Express online (17 November 2011)
—“Judith Miller, interview” Le Point (8 September 2010)
—“Lacan, L’Eglise et l’imparfait du subjonctif” Nouvel Observateur (17 November 2011)
—“Judith Miller et sa sœur oubliée: Sibylle Lacan.” Mediapart (17 November 2011)
—“Miller la censure, Miller le plaideur. ” Mediapart (4 April 2013)
—“Procès Lacan : Roudinesco et le Seuil condamnés”, L’Express online (12 January 2012)

http://criticallegalthinking.com/2013/05/06/the-lacanian-trials/

martes, 14 de noviembre de 2017

Intersubjetividad

Intersubjetividad



El término intersubjetividad es un concepto propio de la psicología y otras ciencias sociales, así como propio de la reflexión epistemológica sobre la ciencia en general.Intersubjetividad en psicología
El concepto se usa de tres formas:
  • En primer lugar, en su sentido más débil, se usa para referirse al acuerdo. Se dice que existe intersubjetividad entre los que acuerdan un determinado significado o definición de la situación.
  • En segundo lugar, de un modo más sutil, se ha usado para referirse al sentido común, los significados compartidos construidos por la gente en sus interacciones, y usado como recurso cotidiano para interpretar el significado de los elementos de la vida cultural y social. Si la gente comparte el sentido común, entonces comparte una definición de la situación.1
  • En tercer lugar, el término se ha usado para referirse a las divergencias de significado compartidas (o parcialmente compartidas). La auto-presentación, la mentira, las bromas y las emociones sociales, por ejemplo, todo ello conduce no a una definición compartida de la situación, sino a divergencias parcialmente compartidas del significado. El que dice una mentira se compromete en un acto intersubjetivo, porque trabaja con dos definiciones diferentes de la situación. Mentir es por tanto genuinamente intersubjetivo (en el sentido de que opera entre dos definiciones subjetivas de la realidad).
La intersubjetividad enfatiza que la cognición compartida y el consenso son esenciales en la formación de nuestras ideas y relaciones. El lenguaje se ve como comunal más que como privado. De esta manera, resulta problemático ver al individuo de forma separada, en un mundo privado, definido de una vez y para siempre.
La intersubjetividad es hoy en día un concepto importante en las modernas escuelas de psicoterapia, donde ha encontrado aplicación en la teoría de las interrelaciones entre psicoanalista y psicoanalizado.
El campo de mayor aplicación de la intersubjetividad es el de la psicología social, ya que analiza la formación de las relaciones interpersonales mediante la generación de normasactitudes, y valores que generen cohesión social en un determinado grupo de individuos.

Intersubjetividad en la filosofía

Desde 1905, cuando Edmund Husserl empieza a concebir su "reducción fenomenológica-trascendental" y el proyecto mismo de la fenomenología trascendental, toma conciencia de que la subjetividad a la cual da acceso la reducción es necesariamente aquella de un "nosotros." Husserl introduce la reducción para alcanzar un campo privilegiado de la experiencia subjetiva, donde el misterio de la correlación entre la objetividad (el mundo supuesto del "en sí") y de la subjetividad (el dominio del "para nosotros") hallará una solución. La reducción permite superar el naturalismo positivista.
Pero Husserl advierte que esto no basta. La subjetividad que funciona (que lleva a cabo la "constitución") no puede estar aislada si lo que se pretende fundamentar es la "objetividad," esto es, aquello que es válido en todo momento y para toda persona. La base la objetividad solo puede ser la intersubjetividad. Desde 1910/11 (y sus Lecciones Fundamentales de la Fenomenología) Husserl intenta una "extensión de la reducción a la intersubjetividad". Para hacerlo, inicia su análisis de la conciencia intencional del otro, adoptando la noción de empatía, como experiencia o vivencia intuitiva sui generis del alter ego, tomándolo prestado de Theodor Lipps.
Husserl reinterpreta el contenido de este término tanto en el contexto de su propia teoría de las vivencias intuitivas no-originarias (o "presentificaciónes"), como en el contexto de los sujetos corporales en un "concepto natural de mundo" --concepto en el que se ve la influencia de W. Dilthey. Sus análisis, no enteramente satisfactorios en este período inicial, son recogidos, corregidos y ampliados hasta casi el final de su vida.
En Ideas I a penas roza el concepto de intersubjetividad, más ampliamente (aunque imperfectamente) planteado en Ideas II (una de las razones por las que este texto quedó inédito durante la vida de Husserl). El texto más conocido --y criticado-- en el que Husserl propone este concepto es la quinta de las Meditaciones cartesianas, texto no bien comprendido e interpretado porque Husserl empieza con una estrategia para abordarlo desde la fenomenología "estática" y culmina su análisis con una estrategia "genética".
La teoría de la intersubjetividad husserliana también es conocida como "Teoría Monadológica". Por mónada, Husserl entiende al ego concreto, esto es, al sujeto en la plenitud de sus determinaciones: al sujeto corpóreo y trascendental, fáctico y eidético, con la totalidad de sus experiencias trascendentales y la totalidad de sus respectivos correlatos objetivos, esto es, al sujeto y su mundo circundante (cf. cuarta de las Meditaciones cartesianas). Este mundo circundante incluye al alter ego, con el que cada sujeto trascendental entabla correlaciones intencionales, por lo que puede sostenerse que cada sujeto trascendental no sólo está "al lado de los otros" (beieinander), y "con los otros" (miteinander) sino "en los otros" (ineinander).
La teoría de Husserl contempla que la constitución trascendental de sentido y validez es llevada a cabo de modo mancomunado, por la intersubjetividad históricamente concebida y productora de tradiciones. Los estratos abordados por la "Monadología" husserliana son: a) la teoría reflexiva de la intersubjetividad (a.1 análisis estáticos de la constitución del "otro trascendental" y análisis genéticos de la constitución del "otro mundano"; a.2 constitución de la intersubjetividad social); y b) la teoría "pre-reflexiva" de la intersubjetividad (análisis genéticos de la intersubjetividad instintiva).

Intersubjetividad en otras ciencias

Para la epistemología y la metodología de la ciencia, especialmente en las ciencias sociales, como la historiografía, la reflexión sobre la posibilidad o imposibilidad de un enfoque objetivo lleva a la necesidad de superar la oposición entre objetividad (la de una inexistente ciencia "pura" que no se contamine con el científico) y subjetividad (implicada en los intereses, ideología y limitaciones de éste) con el concepto de intersubjetividad, que obliga a considerar la tarea del científico como un producto social, inseparable del resto de la cultura humana, en diálogo con los demás científicos y con la sociedad entera.

Véase también

    domingo, 12 de noviembre de 2017

    El Poder: Foucault

    El Poder: Foucault



    Publicado el 5 febrero, 2010 por Luis Cortés Briñol

    Desde Platón, la problemática de la verdad ha sido analizada como un atributo del discurso, como el fruto de una justa conexión entre los signos lingüísticos y las esencias de los objetos. Toda la filosofía analítica sienta sus bases en esta idea de la verdad. Razón por la cual, a finales del s. XIX y a lo largo de todo el s. XX, la filosofía del lenguaje ha llegado a intoxicar todos los centros de la reflexión filosófica.

    Pero tanto para Nietzsche como para Michel Foucault, la verdad no puede ser analizada como una relación (sea de correspondencia, como propone Descartes, o de coherencia, como propone, entre otros Davidson), como algo que resulta de la conexión entre las palabras y las cosas; como algo generado por y para la conciencia como mediadora entre el orbe lingüístico y el ontológico. Foucault deja de lado los estudios de la conciencia como generadora de conocimiento, concebida como una investigación de un sujeto trascendental, propia de las filosofías fenomenológicas y de los utópicos modelos marxistas. Para Foucault, la verdad, más que estar en relación al juego de los signos y de las significaciones, más que depender de los órdenes de las denotaciones externas del discurso que modifican las enunciaciones, tiene que ver con una política del enunciado.




    MICHEL FOUCAULT (1926-1984)
    La verdad no depende tanto de un “cambio de contenido” (refutación de antiguos errores, formulación de nuevas verdades), no es tampoco una alteración de la forma teórica (renovación del paradigma, modificación de los conjuntos sistemáticos); lo que está en juego, es lo que rige los enunciados y la manera en la que se rigen los unos a los otros para constituir un conjunto de proposiciones aceptables científicamente y susceptibles en consecuencia de ser verificadas o invalidadas mediante procedimientos científicos. Problema en suma de régimen, de política del enunciado científico. En este nivel, se trata de saber no cuál es el poder que pesa desde el exterior sobre la ciencia, sino qué efectos de poder circulan entre los enunciados científicos, cuál es de algún modo su régimen interior de poder o cómo y por qué en ciertos momentos dicho régimen se modifica de forma global, ideas estas tratadas en su famoso texto Verdad y poder. 

    Para Foucault, la verdad no puede ser analizada por una disciplina tal como la dialéctica o la semántica, simplemente porque la verdad no está en el mismo nivel que la lógica o los significados, sino que más bien se remite a un análisis de la “relación de poder”. Entenderíamos así la verdad como “el conjunto de reglas según las cuales se discrimina lo verdadero de lo falso y se ligan a lo verdadero efectos políticos de poder”. Todo depende, en ultima instancia, de los sistemas de enunciados de poder, cuya tarea es decidir qué es lo verdadero y qué no lo es.

    No es una cuestión de disputa epistemológica de las teorías científicas, sino que es, en definitiva, un problema de régimen discursivo. Y esto no conlleva un análisis epistemológico sino una analítica del poder. El poder, según el autor de La voluntad de saber, se caracteriza por dos funciones principales: por un lado, la exclusión; y por otro, la engendración. En cuanto a la exclusión, el poder tiene la propiedad de negar, de prohibir, de excluir, de ocultar. Mientras que en la engendración el poder produce, y, en efecto, una de las cosas que produce es la verdad.

     En Cours du 14 janvier 1976, Foucault explica que en toda sociedad:
    las relaciones de poder múltiples atraviesan, caracterizan, constituyen el cuerpo social; y estas relaciones de poder no pueden disociarse, ni establecerse, ni funcionar sin una producción, una acumulación, una circulación, un funcionamiento del discurso. No hay ejercicio de poder posible sin una cierta economía de los discursos de verdad que funcionan en, y a partir de esta pareja. Estamos sometidos a la producción de la verdad desde el poder y no podemos ejercitar el poder más que a través de la producción de la verdad”.

    El poder necesita de la verdad para que el mecanismo funcione y, a su vez, la verdad produce mecanismos de poder. En conclusión, según Foucault, cuando hablamos de verdad no hay que entenderla como una relación entre signos y objetos, sino como un “conjunto de procedimientos reglamentados por la producción, por la ley, la repartición, la puesta en circulación, y el funcionamiento de los enunciados.”

    La verdad queda ligada circularmente a los sistemas de poder que la producen y la mantienen, y a los efectos de poder que la inducen y que la acompañan. La verdad y el poder son inseparables, donde está el uno está el otro, y no pueden existir independientemente.
    https://luiscortesbrinol.wordpress.com/2010/02/05/la-verdad-y-el-poder-en-foucault-2/

    Libro de Michel Foucault: Micro física del Poder:
    http://www.pensamientopenal.com.ar/system/files/2014/12/doctrina39453.pdf
    Obras completas:
    https://laberintosdeltiempo.blogspot.pe/2012/07/michel-foucault-obras-completas.html





    Foucault y El Poder
    Jorge Ignacio Ibarra F. Publicado el: 08/04/09

    Foucault tratará principalmente el tema del poder, rompiendo con las concepciones clásicas de este término. Para él, el poder no puede ser localizado en una institución o en el Estado; por lo tanto, la "toma de poder" planteada por el marxismo no sería posible.
    Nota de Antroposmoderno: 
    Debido a lo extenso del texto y para leerlo completo haga click aqui para descargar el libro.

    PRÓLOGO
    En la siguiente investigación, podremos reconocer aspectos importantes de la concepción de poder en Foucault. 

    Foucault tratará principalmente el tema del poder, rompiendo con las concepciones clásicas de este término. Para él, el poder no puede ser localizado en una institución o en el Estado; por lo tanto, la "toma de poder" planteada por el marxismo no sería posible. El poder no es considerado como un objeto que el individuo cede al soberano (concepción contractual jurídico-política), sino que es una relación de fuerzas, una situación estratégica en una sociedad en un momento determinado. Por lo tanto, el poder, al ser resultado de relaciones de poder, está en todas partes. El sujeto está atravesado por relaciones de poder, no puede ser considerado independientemente de ellas. El poder, para Foucault, no sólo reprime, sino que también produce: produce efectos de verdad, produce saber, en el sentido de conocimiento.

    Michel Foucault destaca el levantamiento de un biopoder que impregna el pretérito derecho de vida y muerte que el soberano se arrogaba y que intenta convertir la vida en objeto utilizable por parte del poder. En este sentido, la vida sistematizada, esto es, convertida en sistema de análisis por y para el poder, debe ser protegida, transformada y esparcida. 





    Foucault distingue dos técnicas de biopoder que surgen en los siglos XVII y XVIII; la primera de ella es la técnica disciplinaria o anatomía política, que se caracteriza por ser una tecnología individualizante del poder, basada en el escrutar en los individuos, sus comportamientos y su cuerpo con el fin de anatomizarlos, es decir, producir cuerpos dóciles y fragmentados. Está basada en la disciplina como instrumento de control del cuerpo social, penetrando en él hasta llegar hasta sus átomos: los individuos particulares. Vigilancia, control, intensificación del rendimiento, multiplicación de capacidades, emplazamiento, utilidad, etc. Todas estas categorías aplicadas al individuo concreto constituyen una disciplina anatomopolítica.

    El segundo grupo de técnicas de poder es la biopolítica, que tiene como objeto a poblaciones humanas, grupos de seres vivos regidos por procesos y leyes biológicas. Esta entidad biológica posee tasas conmensurables de natalidad, mortalidad, morbilidad, movilidad en los territorios, etc., que pueden usarse para controlarla en la dirección que se desee. De este modo, según la perspectiva foucaultiana, el poder se torna materialista y menos jurídico, ya que ahora debe tratar respectivamente, a través de las técnicas señaladas, con el cuerpo y la vida, con el individuo y la especie.

    Para el autor, el desarrollo del biopoder y sus técnicas constituyen una verdadera revolución en la historia de la especie humana, ya que la vida está completamente invadida y gestionada por el poder. Los efectos del biopoder hicieron que las sociedades se volvieran normalizadoras, usando como pretexto la ley, y las resistencias a dicho poder entraron al campo de batalla que éste delimitó previamente, ya que se centraron justamente en el derecho a la vida, al cuerpo, desplazando a otros objetos de luchas. 

    El objetivo general de este estudio es develar la concepción del poder en Foucault. La cuestión del poder representa lo que podríamos llamar la etapa media y tardía de Foucault, la cual comienza a hacerse patente alrededor de la década de los sesenta y se extiende hasta su muerte. Es decir, nos referimos al periodo histórico y político que va desde la posguerra mundial, hasta finales de la guerra fría.

    Otro de los objetivos de este estudio será contextualizar mi propia inquietud por el tema del poder en general, debido a dos acontecimientos importantes que, en el fondo, me llevaron a definir la temática general del estudio. Dichos sucesos son la caída de las torres gemelas el 11 de Septiembre del año 2001 y la ulterior invasión de Irak por parte de EE.UU el 20 de Marzo del año 2003 . Como se puede advertir, el tema de la guerra es uno de los detonantes de este estudio. 

    Sin embargo, relaciones de lucha, enfrentamiento, dominio, y estrategia en amplios ámbitos del quehacer de la sociedad en general, también forman parte fundamental de mi inquietud por la temática de las relaciones de poder.

    Además, quise contribuir en el análisis de una realidad que, de tanto en tanto, castiga con toda su crueldad a la humanidad y que a su vez, es solo la manifestación extrema de relaciones de poder que atraviesan todo el cuerpo social. Este paroxismo del poder es la guerra, invasión, matanza, la conquista, etc., todos los cuales están muy lejos de ser superados por la humanidad y su supuesto desarrollo.

    Creo que la importancia de esta exposición no es menor, baste con decir que en la mayoría de los diccionarios de filosofía consultados, al buscar la palabra poder, no se encontraban más que alusiones al concepto de potencia aristotélica. Lo cual, es solo uno de los sentidos que tiene la palabra poder. Sin embargo, explicaciones acerca del poder entendido como relación, dominio, enfrentamiento, etc., no se ha hablado suficientemente, y es Foucault, precisamente, uno de los pensadores que más ha tratado el tema. Debido a esto trabajé en base a sus estudios. Empero, si se quiere buscar los antecedentes histórico-filosóficos de esta temática, esta se encuentra sin duda, al igual que como lo hizo Foucault, en Nietzsche. Desde luego que en Nietzsche, fueron tratadas parcialmente, sin un rigor específico, pero con una lucidez envidiable. 

    Desde Nietzsche, se puede decir que casi todas las actividades del hombre obedecen a la voluntad de poder. En otras palabras, fuera de lo meramente metafísico, Foucault dirá que se debe analizar los mecanismos, estrategias y formas fácticas en que se desarrolla, opera y funciona el poder. Ahora bien, la siguiente cita de Foucault permite señalar otro de los motivos de este estudio y que se refiere a la posibilidad de elaborar una teoría general del poder:

    “Ahora bien, descubrí que, en tanto la historia y la teoría económicas constituían un buen instrumento para el estudio de las relaciones de producción, y la lingüística y la semiótica ofrecían elementos para el estudio de las relaciones de significación, para el estudio de las relaciones de poder no poseíamos en cambio ninguna herramienta. Teníamos que recurrir exclusivamente a sistemas de pensamiento sobre el poder basados en modelos legales, o sea: ¿qué legitima el poder? O bien a sistemas de pensamiento sobre el poder basados en los modelos institucionales, o sea: ¿qué es el Estado?” 

    No se pretende en este trabajo la elaboración de la teoría general del poder debido a la magnitud de tal labor; sin embargo se intenta dejar acá establecidos los elementos básicos para que, en otro momento y con mayores fundamentos teóricos, se pueda abordar esta empresa.




    http://antroposmoderno.com/antro-articulo.php?id_articulo=1218

    LOS JUEGOS DE PODER, SEGÚN CLAUDE STEINER
    EN: COMUNICACIÓN Y ANÁLISIS TRANSACCIONAL
    21Jul2013



    Sí, Claude Steiner sigue irradiando


    Quienes lean este Blog, se preguntarán por qué estoy dedicando tanta importancia a Claude Steiner, el discípulo más original de Eric Berne. Mi respuesta es sencilla: Creo que los libros de Steiner están llenos de conceptos basados en una teoría sólida. Y como no quiero caer en la hagiografía, ya he señalado algún punto que me parece débil de Steiner. Por ejemplo, su empleo de la palabra «corazón».

    Hoy me voy a ocupar de «Los juegos de poder», que él expone a partir de la página 89 de su libro El otro lado del poder. Me parece que realiza un trabajo serio. Primero, define; después, divide/clasifica; a continuación, modeliza – ateniéndose a la concepción de Berne- y, finalmente, demuestra con ejemplos de su práctica profesional.

    Es decir, los cuatro modos gnoseológicos o «modi sciendi», que Gustavo Bueno considera como las figuras sintéticas de la ciencia. Si fallan estas figuras, podemos estar seguros de que nos acercamos a alguien que está subiendo al Monte Camelo (sin “r”, por supuesto).

    ¿Cómo Steiner define el poder?
    «La definición de poder, y esto es aplicable en todas las ciencias, desde la energía física al poder de la psíquica, es la capacidad de crear cambios frente a la resistencia y, opuestamente, la capacidad de resistencia al cambio».

    Pienso que es una definición muy norteamericana. Prefiero una definición europea, y que tiene varios siglos de antigüedad. Es de Francis Bacon: «Toda la industria del hombre estriba en aproximar las sustancias naturales unas a otras o en separarlas; el resto es una operación secreta de la naturaleza» ( Novum Organon. Madrid, Sarpe, 1984, P. 33). Crear cambios equivale a «juntar». Resistencia al cambio equivale a «separar». Ampliemos estos conceptos a muchos campos de la realidad y nos daremos cuenta de que la definición de Bacon es más aplicable y potente que la de Steiner.
    Me satisfacen más las notas de la definición de Juego de poder que Steiner ofrece en el Capítulo 9:

    1) Todos los juegos de poder consisten en una transacción o en una serie de transacciones. Una transacción es la unidad de intercambio social.
    2) Un juego de poder es un intento de una persona por controlar a otra.
    3) Un juego de poder es una transacción consciente.

    Esta última afirmación de Steiner plantea un asunto muy importante: la consciencia de los juegos. No queda enteramente claro en Berne si el juego era consciente o inconsciente. Mariano Bucero ha estudiado este asunto con la minuciosidad que es característica suya. A Steiner le debemos la distinción, que había establecido años antes, entre los juegos, que son inconscientes, y las maniobras, que son conscientes. Por tanto, lo único que hace aquí es caracterizar como maniobras los juegos de poder.

    Steiner ofrece una clasificación fundamental de los Juegos de Poder. La reproduzco aquí, porque el autor especifica operaciones y ofrece ejemplos, que luego amplía en todo el libro con numerosos ejemplos.

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    Hay Juegos Físicos y Juegos Psicológicos. Cada uno de ellos puede ser burdo o sutil. Es lógico que Steiner dedique la mayor importancia a los juegos psicológicos, una de las figuras más importantes del Análisis Transaccional. Berne dedicó Juegos en que participamos a este asunto y vendió millones de ejemplares, precisamente porque descubría un gran panorama en las relaciones entre las personas, en los grupos, en las organizaciones y en las instituciones.

    He escrito «clasificación fundamental», pero no es la única. Steiner ofrece una clasificación de los Juegos Psicológicos que él divide en cuatro familias, según el tipo de maniobras de poder:

    1) Todo o nada: Juegos de poder basados en la escasez, y Steiner procede igual que Berne: «Quiéreme o déjame»; «Lo tomas o lo dejas»; están basados en la avaricia y el temor a la necesidad;

    2) Juegos de poder basados en la intimidación: En la conversación, manipular mediante metáforas políticas y de propaganda, tapapensamientos, «Estás bromeando, ¿verdad?», Juegos de poder de la Lógica, «Si no lo puedes probar, no», desacreditar las fuentes, redefinir. Y en cuanto a los juegos físicos, no nos podemos olvidar de la intimidación física ni de la violencia.

    3) Juegos de poder de las mentiras. La mentira descarada y la gran mentira; mentiras por omisión, medias verdades, secretos; bola alta/bola baja; estadísticas; rumores.

    4) Juegos de poder pasivos. Nadie en el piso alto; me lo debes.

    Cómo responder a los juegos
    Uno de los grandes aciertos de los libros de Steiner es que no anega al lector con información negativa, sino que antes le ofrece las operaciones que hacen posible dar la vuelta a los juegos. Y tampoco inunda con todas las operaciones posibles, tan importantes en un sistema científico y, más concreto, en el de Gustavo Bueno.

    Más en concreto, en el Capítulo 8, y antes de agotar todos los Juegos psicológicos posibles, Steiner adelanta las operaciones que pueden interrumpir los juegos de poder: Escalada, Antítesis, Cooperación. Y en el 13, detalla la Respuesta Cooperativa y la Solución Creativa.
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